réactions aux déclarations de Nicolas Sarkozy sur le Grand Emprunt National

grand emprunt sarkozy rocard juppeVoici les réactions principales aux déclarations de Nicolas Sarkozy sur le Grand Emprunt National. Ce dernier a suivi dans les grandes lignes les orientations soumises par la Commission Juppé-Rocard:

Florilège des réactions aux déclarations de Nicolas Sarkozy sur le Grand Emprunt National

A droite (très à  droite):

Marine Le Pen, vice-présidente du Front national: « C’est un saupoudrage qui n’aura aucune conséquence sur la dégradation continue de l’économie. Car, contrairement à ce que dit le gouvernement, la crise est loin d’etre terminée ». « On peut d’ailleurs s’étonner que M. Sarkozy évoque une aide aux PME quand c’est en realite un soutien aux grosses industries. Les PME ne verront probablement pas d’aide grâce à ce grand emprunt ». « Cette dette est l’un des problemes essentiels, nos responsables pensent que c’est indolore, mais la dette, c’est l’impôt de demain ». (Déclaration à l’AFP).

Au sein du gouvernement:

Christian Estrosi, ministre de l’Industrie: « Le président la République a remis l’industrie au coeur de ce grand projet d’avenir pour la France ». « La décision de réserver un milliard d’euros pour le financement des mesures qui sortiront des Etats généraux de l’industrie » est « ambitieuse et visionnaire ». Cet engagement du chef de l’Etat « donne la visibilité pour permettre de mener sereinement les travaux en cours à travers toute la France (plus de 150 ateliers, plus de 5.000 participants, mobilisant partenaires sociaux, salariés, industriels) jusqu’à fin janvier ». (Communique)

A gauche:

Benoît Hamon, porte-parole du PS: Nicolas Sarkozy « est passé en seance de rattrapage: il s’intéresse aux universités. C’est comme les ‘exams’ de septembre ». « Le président de la République considère qu’il est nécessaire de mobiliser des ressources pour préparer l’avenir, là où jusqu’ici, il avait creusé des déficits en coupant des recettes ». (Point presse hebdomadaire du PS)

Francois Hollande, ex-premier secrétaire du PS: « Quand on a un déficit de 140 milliards d’euros, en rajouter 35 c’est emprunter, s’endetter, et à un moment donné il faut rembourser » et « payer les intérêts », a affirmé le député de la Corrèze. »Cet argent a un coût, les emprunts d’aujourd’hui sont les impots de demain », le « grand emprunt sera le grand impôt ». « Il eut mieux valu faire un emprunt pour garantir un certain nombre de crédits aux PME et aux entreprises innovantes », leur « prêter des sommes importantes », plutôt que d’engager des « fonds publics qui devront etre remboursés et payés ». « La France est dans une spirale de l’endettement public et aujourd’hui c’est un très mauvais signal qui a été envoyé, pas simplement à l’Europe mais au reste du monde. » (Déclaration sur France Inter)

Jean-Marc Ayrault, député-maire de Nantes et président du groupe PS à l’Assemblée nationale: « L’aveu présidentiel que l’investissement public a été sacrifié ces dernieres années aurait pu, aurait dû etre l’occasion d’une refonte complete de la politique de défiscalisation à fonds perdus menée depuis plusieurs années par le pouvoir UMP en faveur des fortunés. Il n’en a rien été ». Le grand emprunt « presente la double caractéristique d’avoir singulièrement rétréci au lavage, ce qui rend son efficacité des plus aléatoires, et de grossir la dette, avec tous les risques que ce soient les ménages et les collectivités locales qui aient à acquitter la facture ». « De la même manière, peut-on s’étonner que depuis sept ans les cinq priorités annoncées par le président aient vu leurs crédits constamment rabotés. Tout cela donne à l’intervention présidentielle un caractère éminemment emprunté ». (Communique)Didier Migaud, président de la commission des Finances de l’Assemblée nationale PS: Il s’agit de « priorités utiles pour préparer l’avenir de notre pays dans la recherche, l’innovation et l’enseignement supérieur. En revanche ce que nous contestons ce sont les modalités de financement ». « Pourquoi devons-nous rechercher 35 milliards d’emprunt supplémentaires alors que nous aurions pu ne pas perdre de la recette ? » « Nous ne sommes pas des intégristes sur le plan de l’équilibre budgétaire mais un emprunt, c’est de la dette supplémentaire. On peut craindre que le Grand emprunt ce soit les allègements d’impots d’hier et surtout les impots de demain ». (Point presse hebdomadaire du PS)

Vincent Peillon
, député européen PS: « On a assisté à une grande opération de communication qui a commencé en juillet ». « Nous avons surtout compris que c’était l’aveu d’une très mauvaise gestion ». »La France emprunte tous les ans beaucoup d’argent sur les marches ». « On emprunte pendant 12 mois, on va emprunter pendant 14 ». Mais « quand on emprunte, il faut bien à un moment soit payer les intérêts, soit payer carrément ce qu’on a emprunté. Qui va payer tout ça? Evidemment les Français ». « On ne peut pas etre contre mettre de l’argent dans les universités, dans la recherche », mais « c’est ce qu’ils ne font pas depuis plusieurs années », a-t-il renchéri. « Il faudrait investir entre 20 et 30 milliards d’euros chaque année (…) Là, on le fait une fois ». »Pour financer » ce grand emprunt, il « ne faut pas accroître la dette sur tous les Français » mais « annuler deux mesures », citant deux dispositifs de la loi TEPA: le bouclier fiscal et la défiscalisation des heures supplémentaires. « Si on annule ça, on a 75 milliards avec la TVA sur la restauration ». (Déclaration sur France 3)


Les Verts -écologie
: « Les annonces du président de la République confirment l’entêtement » de l’Etat. « Les priorités annoncées semblent avoir été piochées dans un catalogue d’idées à la mode, sans véritable ligne directrice ni cohérence entre elles ». Et de déplorer que le discours de Nicolas Sarkozy semble « davantage destiné à attirer la lumière qu’à préparer l’avenir ». Ainsi, « aucun cap ne semble tracé qui dirait vraiment quel avenir il s’agit de préparer ». « On est loin, avec ces annonces, des mesures à même de satisfaire à la conversion écologique de l’économie et des activités ». (Communique)Jean-Luc Mélenchon, président du Parti de gauche: « Le recours à l’emprunt prépare de nouvelles coupes sombres dans les services publics, puisque les ministères devront financer les intérêts de l’emprunt par des économies et donc des suppressions de postes ». « Les priorités affichées de cet emprunt ne vont faire qu’aggraver les méfaits actuels de la politique du gouvernement » avec « la mise aux normes anglo-saxonnes des universités », de « nouvelles aides aux entreprises sans véritable contrepartie pour l’emploi » et « la désastreuse priorité donnée au nucléaire au détriment de toute alternative énergétique véritable ». (Communique)

Le PC:
Pierre Laurent, coordinateur du PCF: « Sous couvert de ‘campus d’excellence’ de ‘filières d’excellence’, ‘d’internats d’excellence’, il s’agit de financer des stratégies pilotées par les seuls intérêts des grands groupes de l’industrie et de la finance ». Pour son parti, il serait préférable d’utiliser l’argent public pour « réorienter le crédit aux entreprises, de façon sélective en faveur de la formation des travailleurs et de bons emplois, sous le contrôle des salariés et des citoyens ». (Communique)

Voir aussi: Déclaration sur le revenu 2009 en route

et réactions aux déclarations de Nicolas Sarkozy sur le Grand Emprunt National

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